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Brève sur les modalités d’évaluation d’un Atelier Thérapeutique par Marc Turpyn

Actualité publiée le dimanche 10 juin 2018

Brève sur les modalités d’évaluation d’un Atelier Thérapeutique

Par Marc Turpyn

Il s’agit d’un Atelier (type CATTP) accueillant des enfants dont les difficultés psychiques sont repérées dans le cadre scolaire et dont les familles, souvent très en difficulté, peinent à s’orienter vers les structures spécialisées. Cet Atelier, de par son histoire et son fonctionnement en partenariat avec un CMPP, reçoit aujourd’hui des financements divers dont certains du dispositif de la « Réussite Educative ».
Afin de justifier l’octroi des budgets, il est demandé aux soignants de réaliser, dans le cadre de l’évaluation de l’activité de l’Atelier, un bilan dit « qualitatif » en complément du chiffrage global de leur activité. Ce bilan consiste notamment, en renseignant de cases préconçues, à définir les objectifs de l’action thérapeutique, objectifs accompagnés chacun de façon très opératoire d’indicateurs, également définis par les thérapeutes, qui doivent être applicables à tous les cas. Reposant sur une uniformité supposée des difficultés des enfants et du résultat attendu de l’action du dispositif, le bilan qualitatif exclut ainsi implicitement toute autre approche que celle que permet sa forme imposée, en l’occurrence la prise en compte des complexités de la psyché.
De fait, la démarche qualitative en question est finalement rabattue sur une fonction purement quantitative qui doit permettre, par une comptabilité des indicateurs, de chiffrer en pourcentage l’atteinte des objectifs, et ainsi d’évaluer l’efficacité de l’Atelier.
Si la transformation de réalités fondamentalement subjectives en résultats comptables peut prêter à sourire par son apparente naïveté, sa profonde inadéquation avec les pratiques psychothérapeutiques de l’Atelier, de même que la vision normative qu’elle promeut, soulèvent de fortes interrogations.
-  Peut-elle rester à terme sans conséquences sur l’accueil du public ?
-  Suggère-t-elle que le soin peut et même doit être soumis à une obligation de résultat ? Et donc que soigner des enfants et leurs familles ne serait plus une finalité en soi ?
-  Devons-nous croire aussi, comme c’est sous-entendu ici, qu’il existe une mesure possible du psychisme ?

Paris, le 10 juin 2018

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Directeur de publication : Nathalie Zottner